Il avait mis presque vingt ans à lui déclarer son amour.
Elle avait rougi de découvrir le secret de son cher ami…
Elle n’avait pas ri, ni même souri…
Non… elle avait pleuré…
Touchée dans son être le plus profond…
Elle…
Elle qui cherchait sans cesse depuis toujours
Un amour comme lui…
N’avait pas vu… non !
Rien ! Absolument rien vu !
Rien ressenti, rien entendu, rien su…
Et pourtant, il était là… veillant sans cesse sur elle…
C’était son ami bienveillant,
Son âme sœur…
Le vieux pot qu’on aime par-dessus tout
Mais qu’on ne voit plus vraiment…
« Elle était si joli…e
Que je n’osais l’aimer.
Elle était si joli……e
Je ne peux l’oublier. »
Il le chantait sans arrêt,
Depuis le jour où il était passé aux aveux…
Elle, elle subissait ce doux châtiment
Qui lui était dorénavant réservé pour l’éternité…
Du moins, le croyait-elle…
« Elle était si joli…e
Que je n’osais l’aimer.
Elle était si joli……e
Je ne peux l’oublier. »
Que donnerait-elle pour l’entendre encore lui susurrer à l’oreille…
Ces mots d’amour qu’elle aimait entendre par-dessus tout…
Mais plus jamais… Jamais !
Privation ultime, privation extrême…
Privation noire, privation vide de sens…
Privation froide… que seule la mort peut faire naître entre deux cœurs…
Elle est assise là, sur le plancher glacé…
Elle contemple le vide depuis des heures et des heures…
Ses mains délicates et blanchies par la peur tremblent…
Son souffle est saccadé par les larmes qui coulent et sortent d’elle
Aussi violemment qu’un torrent quitte la rivière un jour d’inondation…
Elle lève la tête… tout doucement… au travers le brouillard qui a gagné ses yeux…
Et la voit…
Elle la voit là, juste au dessus de sa tête…
Elle se balance, vide… comme elle.
Elle voudrait se lever, mais ses jambes ne veulent pas suivre…
Vivre lui crie tous ses sens…
Vivre et non mourir…
La corde suspendue au-dessus d’elle…
N’aura été qu’une vaine tentation…
La tentation d’aller rejoindre celui qu’elle aime de tout son âme…
Mais elle choisira la vie…
Afin de faire durer son si grand amour…
La balançoire de la mort n'aura été,
Pendant ce très long moment…
Qu’une tentation…
La tentation de Sarah…
Elle se recroqueville tout doucement…
Se couche sur le plancher et se met à fredonner…
« Elle était si joli…e… »



Commentaires
Je te l'ai déjà dit, mais j'aime vraiment, vraiment, vraiment ce texte d'amour !
Ecrit par : tisseuse | 11.03.2007
Ouf ! Tu me laisses sans voix !
Merci , ton commentaire me touche !
Ecrit par : Diane V. Garneau (Miss Wilmott) | 11.03.2007
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