28.04.2007

Le fantôme de la bibliothèque

medium_fantome_de_bibliotheque.2.jpgIl circule au travers les rangées de livres,
Passe au travers les gens,
Le fantôme de la bibliothèque,
Il cherche quelque chose de précis,
Pour un sujet imprécis.
Il doit absolument savoir…

Voilà enfin ce qu’il cherche,
Il le prend dans ses mains,
Tourne les pages,
Cherche l’article qui confirmera ses doutes…
C’est bien vrai !
Il n’y a plus rien à faire !

Il sort de la bibliothèque
Aussi silencieusement qu’il y était entré.
Il parcourt le chemin qui le sépare de l’hôpital,
Entre par la porte des urgences
Ignore l’ascenseur et l’escalier…
Inutile, puisqu’il est fantôme !

Il passe par les planchers
Pour monter à l’étage des soins intensifs…
Il le retrouve tout blanc, presque sans vie…
Le regarde attentivement…
Il en est certain maintenant,
Bientôt, ce corps ne lui appartiendra plus…

Mais en attendant, il désire y retourner…
Décide d’entrer par les pieds
Pour revenir tranquillement vers la tête
Il va en profiter pour demeurer en osmose avec ce corps
Qui s’éteindra sous peu…

Le livre de la bibliothèque l’a confirmé
Le médecin a bel et bien fait une erreur fatale
Qui lui coutera la vie…
Il ne lui reste plus
Qu’à attendre patiemment la mort…

11.04.2007

Un soupçon de chocolat noir

Pâques est arrivé… la visite aussi… Le jambon est sur le feu, le poulet au four… Ça sent tellement bon ! Mes crudités sont prêtes, l’apéritif est servi. La fête est dans le cœur des visiteurs… Il ne me reste qu’à terminer le dessert et le tour sera joué, je pourrai enfin aller jaser un peu avant le repas.

Bon que dit la recette : « Une crème prise choco-café, pulpe de poire et doigts de dame cassés »?

Portez à ébullition 2 tasses de crème champêtre à 15 % dans lequel il faut ajouter 1 cuillère à thé comble de café instantané et ¼ de tasse de sucre… Ok, c’est fait. Passons à l’étape suivante!

Préparez les poires en les cuisant à feu doux dans le jus d’un demi-citron auquel il faut ajouter 1/3 de tasse de sucre… Ok. Voilà ! C’est super facile cette recette dit donc!

Bon, retournons à la crème. Il faut y faire fondre 300 grammes de chocolat noir… OK. Rien de plus simple…

Ben voyons ! Où est mon chocolat noir ? Je suis certaine d’en avoir acheté à l’épicerie hier ! Et le dépanneur qui a fermé ses portes ! Zut ! Je vais faire quoi moi avec une crème choco-café sans choco ??

J’ai dû le laisser sur la table de la cuisine. Non ! Il n’y est pas… Quelqu’un aurait vu mon chocolat noir ? J’en ai besoin pour vous faire un succulent dessert !

Bon, voilà que le party vient d’être entrecoupé par une recherche intensive mais qui semble infructueuse… Zut !

Quelqu’un vient de trouver du papier métallique sur le plancher… Oh ! Non ! Le chien ! Il ne faut pas que le chien ait mangé le chocolat ! Non ! C’est très toxique pour lui !!! Ça contient une substance très dangereuse, la théobromine qui est un alcaloïde très nocive pour les carnivores. C’est pire dans le chocolat noir !!! Charly... Viens ici Charly…

Mon chien approche, tout doucement, la queue entre les deux fesses… l’air assez coupable ! Je l’examine méticuleusement et je découvre… un soupçon de chocolat noir sur le bout de son nez!

Non !!!!!!!!!!!!!!! Et il n’y a aucune clinique vétérinaire ouverte le soir de Pâques !!!! Mon chien est foutu !!!!!!!!! Le party est foutu !!!!!!!!!! Non !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Me voilà toute en sueur !!!! Je me redresse dans mon lit et ne comprend plus rien ! Encore moins mon époux qui vient de se faire réveiller assez abruptement !

Ouf ! Je viens de rêver… les invités sont loin d’être arrivés, le repas n’est même pas encore débuté ! Youppi !!!!!!!!!!!!! Tout n’est donc pas perdu !!!!

02.04.2007

Au pupitre, le chef d’orchestre

medium_chef_d_orchestre.jpgAu pupitre, le chef d’orchestre
Sur la scène, un paysage mouvant au son d’une mandoline.
Do, dorénavant, plus rien ne sera pareil.
Ré, c’est la résurrection.
Mi, le milieu du printemps.
Fa, on assiste à toute une farandole…
Sol, sol où la vie reprend ses droits.
La, là-haut, les oiseaux reviennent fredonner leur ritournelle.
Si, si on ferme les yeux…
Do, on dormira sous la complainte du vent…
Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do… mélodie du printemps

29.03.2007

Le poisson était sur le dos

- Petit poisson, petit poisson, on dit que tu es capable de faire des acrobaties. On dit que tu peux te coucher sur le dos ? Et bien montre-moi. Montre-moi tes finesses ! Petit poisson, petit poisson, mais pourquoi donc, lorsque je mets mon doigt au-dessus de l’eau, tu ne viens pas t’y coucher sur le dos, juste en dessous ? Maîtresse, montre-moi, montre-moi comment ton petit poisson se couche sur le dos… Montre-moi !

- Délicatesse, patience… Ce n’est pas un jouet mécanique dont nous n’avons qu’à remonter la clé… Au contraire ! C’est un petit poisson, tout petit poisson, mais très intelligent…

- Mais dis-moi… dis-moi ! Montre-moi !

- Voilà! Voilà ! Je mets mon doigt, j’attends qu’il le touche, et doucement, tout douououou...ceeeeeeee… mmmeeeennnnnnnnntttt je déplace mon doigt vers l’arrière de sa tête… chut ! Tu vois, il suit mon doigt… C’est aussi simple que ça !

- Mais oui ! Mais oui ! Elle a raison… Le poisson était sur le dos !!! Le poisson était sur le dos !!! Même si j’ai vu, j’ai peine à y croire… Le poisson était vraiment sur le dos !!! Chapeau !!

22.03.2007

Deux yeux verts me regardaient

Deux yeux verts me regardaient.
Je ne veux pas les voir !
Je ne viens pas la chercher, elle…
Je ne veux pas de cette impertinente…
Je viens le chercher lui.
Je viens chercher un mâle…
Je l’ignore elle…
Je suis attirée par un autre qu’elle…

Je le prends,
Je le soupèse,
Je le retourne de tous les côtés…
Je le trouve magnifique…
Je retombe les yeux sur elle…
Je me convaincs que mon choix c’est lui, mais…
Je retombe toujours sur elle…

J’essaie d’oublier que deux yeux vers me regardaient à mon arrivée…
Je me décide pourtant…
Je la prends… Son moteur ronronnant se met en marche…
Je la surprends tête à l’envers en train de nous dévisager de ses yeux verts perçants…
Je la vois nous supplier du regard: « Non, c’est une exactement comme moi que vous recherchez… pas comme lui. »

Je la dépose sur l’épaule de mon époux.
Je l’aperçois déjà lui léchant l’oreille…
Je dois rendre les armes…
Je crois que mon choix ne sera pas un mâle…Je choisi la boule grise dont le créateur peintre s’est amusé à séparer le dessous du menton en deux couleurs égales: gris et beige…

Je pars à la maison avec instructions, nourritures et factures…
Je n’oublie surtout pas cette insistante chatonne femelle…
Je ne peux plus, depuis, oublier que deux yeux verts me regardaient…
Je ne peux oublier que c’est de cette façon que notre Grisou est entré dans nos vies…

Les chaînes du passé

Tout doucement, les cellules de deux êtres se soudent l’une à l’autre créant ainsi le premier maillon de la chaîne principale de la vie.

De fil en aiguille, une couturière magicienne a fabriqué un corps. Voilà, que tous les maillons créant ce corps se sont dorénavant rattachés en une longue chaîne qui sera autonome si aucun incident ne vient briser l’un des maillons…

Une deuxième chaîne se greffe à la première. C’est celle de l’expérience brut, qui, lentement, trop lentement, apporte la connaissance et l’autonomie : manger, marcher, parler, étudier, aimer, rejeter, pleurer… Bref, chaque maillon de cette chaîne sera utile tout au long de la vie, à moins qu’un des maillons ne soit amoché.

Une troisième chaîne vient s’ajouter aux deux autres, c’est celle de l’âme qui évolue et qui prend de l’expérience à divers niveaux au fur et à mesure que des maillons s’ajoutent au tricot délicat de la vie. Elle aussi sera extrêmement utile… À moins que des failles, même imperceptibles, naissent à coup d’épreuves et deviennent irréparables fragilisant ainsi cette chaîne de l’expérience.

S’ajoutera une autre chaine faites de divers maillons : des jeunes, des vieux, des usés, des bruyants, des rouillés, des brillants, des gros, des petits, des parfaits, des imparfaits… Chacun de ses maillons représentent tous les gens qui s’ajoutent à la chaîne principale et qui viennent consolider tous les liens déjà existants.

Mais un jour, la chaîne principale commencera à avoir de la difficulté à garder tous ses maillons bien liés. Ces maillons appartenant aux chaines qui se rattachaient très serrées à la chaine principale commenceront à se briser en mille miettes. Les chaines deviendront alors les chaines du passé… les chaines d’un passé déjà révolu…

11.03.2007

LA TENTATION DE SARAH

Il chantait sans arrêt cette chanson…
Dans le creux de son oreille…
En soufflant dans son cou.
En relevant une mèche de ses cheveux noirs de jais.
Il chantait la chanson en lui prenant la main…
Il chantait pour elle toute seule nue dans son bain,
Entourée de dizaine de chandelles allumées…

Il avait mis presque vingt ans à lui déclarer son amour.
Elle avait rougi de découvrir le secret de son cher ami…
Elle n’avait pas ri, ni même souri…
Non… elle avait pleuré…
Touchée dans son être le plus profond…

Elle…
Elle qui cherchait sans cesse depuis toujours
Un amour comme lui…
N’avait pas vu… non !
Rien ! Absolument rien vu !
Rien ressenti, rien entendu, rien su…
Et pourtant, il était là… veillant sans cesse sur elle…

C’était son ami bienveillant,
Son âme sœur…
Le vieux pot qu’on aime par-dessus tout
Mais qu’on ne voit plus vraiment…

« Elle était si joli…e
Que je n’osais l’aimer.
Elle était si joli……e
Je ne peux l’oublier. »

Il le chantait sans arrêt,
Depuis le jour où il était passé aux aveux…
Elle, elle subissait ce doux châtiment
Qui lui était dorénavant réservé pour l’éternité…
Du moins, le croyait-elle…

« Elle était si joli…e
Que je n’osais l’aimer.
Elle était si joli……e
Je ne peux l’oublier. »

Que donnerait-elle pour l’entendre encore lui susurrer à l’oreille…
Ces mots d’amour qu’elle aimait entendre par-dessus tout…
Mais plus jamais… Jamais !
Privation ultime, privation extrême…
Privation noire, privation vide de sens…
Privation froide… que seule la mort peut faire naître entre deux cœurs…

Elle est assise là, sur le plancher glacé…
Elle contemple le vide depuis des heures et des heures…
Ses mains délicates et blanchies par la peur tremblent…
Son souffle est saccadé par les larmes qui coulent et sortent d’elle
Aussi violemment qu’un torrent quitte la rivière un jour d’inondation…

Elle lève la tête… tout doucement… au travers le brouillard qui a gagné ses yeux…
Et la voit…
Elle la voit là, juste au dessus de sa tête…
Elle se balance, vide… comme elle.
Elle voudrait se lever, mais ses jambes ne veulent pas suivre…
Vivre lui crie tous ses sens…
Vivre et non mourir…

La corde suspendue au-dessus d’elle…
N’aura été qu’une vaine tentation…
La tentation d’aller rejoindre celui qu’elle aime de tout son âme…
Mais elle choisira la vie…
Afin de faire durer son si grand amour…

La balançoire de la mort n'aura été,
Pendant ce très long moment…
Qu’une tentation…
La tentation de Sarah…

Elle se recroqueville tout doucement…
Se couche sur le plancher et se met à fredonner…
« Elle était si joli…e… »