25.06.2007

VOLE MON PETIT PAPILLON

© Texte original de Diane Veilleux Garneau - 14 novembre 2005 

 

Il est arrivé dans ma vie
Comme un souffle léger.
Mon cœur a fait trois tours
Dès l'instant où j'ai su qu'il était là…

Les jours ont passé.
En moi il a tissé son cocon.
Je ne voulais plus le quitter,
Et dans sa chaude demeure il voulait rester.

Mais le jour est arrivé
Où il a dû quitter son premier nid.
Déchirement pour lui,
Grande joie pour moi…

Il s'est immédiatement accroché à mon doigt
Me faisant entièrement confiance
Pour tout ce qui le regardait
Pour sa nouvelle vie débutante…

Mais tranquillement, il a quitté mon doigt
Pour marcher un peu plus loin sur ma main…
De temps en temps, il essayait bien de voler
Mais il retombait dans ma vie aussitôt.

Ses ailes n'étaient pas encore assez solides.
Sa confiance en lui encore trop fragile.
Moi, en protectrice, je ne l'ai pas poussé loin de moi,
Bien au contraire, j'ai toujours voulu le garder…

Mais on ne garde pas un papillon...
Même le plus beau, le plus doux, le plus conciliant
Veut partir vers le grand voyage
Pour lequel la vie l'a mis ici.

On ne garde pas un papillon…
Lorsqu'il est prêt, il faut le laisser filer
Sinon, sur les murs de sa cage dorée,
Il viendra se briser…

Lentement, j'ai dû ouvrir ma main.
Malgré mon amour, malgré moi,
Je dois le laisser s'envoler
Vers un destin déjà tout tracé pour lui.

Vole mon petit papillon, vole…
Ton cocon est déjà tout séché
Tes ailes sont déjà bien assez fortes
Fonce droit devant toi…

Lentement, j'ai étiré mon bras,
Lui donnant ainsi la distance
Qui lui a permis de prendre son élan
Mais Dieu que je me le serais coupé ce bras !

Maintenant, je dois déchirer mon filet protecteur…
Je dois même souffler sur ses ailes
Et le regarder s'élever très haut
Dans un ciel qui sera autant gris que bleu.

Même s'il pleut à verse,
Même si l'orage pourra lui briser les ailes,
Même si le vent soufflera trop fort quelquefois,
Je dois le laisser s'envoler…

Même si le soleil pourra briller trop fort dans sa vie
L'aveuglant énormément
Et l'empêchant de trouver le bon chemin…
Je dois le laisser voler !

Vole mon petit papillon vole
Le grand jour est arrivé de quitter ton deuxième nid.
Déchirement pour moi
Grande joie pour toi…

Vole mon petit papillon, vole !
 
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24.05.2007

LE RETOUR PRINTANIER

© Texte original de Diane Veilleux Garneau - 9 mai 2006

J'ouvre mes persiennes
Le soleil brille déjà haut et fort…

Sur le toit du garage,
Une ombre attire mon attention…

En ce début mai,
Je la reconnais parmi mille…

L'ombre se termine par les deux bouts
De façon pointue…

Cette forme est unique
Et n'appartient qu'à cette catégorie d'oiseaux…

Je lève les yeux
Vers ce particulier petit avion…

C'est bien elle,
Ailes toutes grandes déployées…

Voltigeant au-dessus de mon jardin
Elle fait ombrage à mes tulipes écarlates…

Comme je suis heureuse de la retrouver
Venant visiter mes humbles petites demeures…

Elle veut y faire son nid
Faire perdurer sa race…

Et c'est chez moi qu'elle viendra déposer
Ses fragiles et minuscules paquets précieux…

Elle est tellement belle
L'hirondelle…
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J'ai trouvé cette magnifique image sur le site de Marcel Gauthier (Oiseaux du Haut-Richelieu) que je remercie de m'avoir permis d'utiliser sa photo.


 

02.05.2007

911 ou l'urgence de rire

medium_urgence1.jpgDe mon amour absolu,
Je soignerai votre fragilité,
J’effacerai vos malheurs,
Votre désespoir deviendra éphémère…

Je partagerai ma jeunesse,
Et vos tourments disparaîtront…
Je vous chérirai inconditionnellement,
Et les événements tragiques de votre vie pâliront…

Vieillards acariâtres
Accueillez ma juvénile amitié…
Acceptez mes espiègleries…
Et des fleurs poindront sur votre âme…

Ne soyez plus esseulés,
Jouer avec moi et votre dos ne sera plus courbé
Racontez-moi « vous »…
Et je deviendrai votre mémoire….

Abandonnez-vous à mes bras encore trop courts…
Renoncez à être malheureux…
De mes câlins, je vous consolerai…
Et, à jamais, votre cœur sera soigné…

__________________________________________

Diane Veilleux Garneau - 2 mai 2007

Photo : Marcel Gagnon, artiste peintre



29.04.2007

Amitié indéfectible

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J'étais tout petit, petit, petit,
J'ai rencontré des amis, petits, petits.
Un jour nous avons grandi, grandi, grandi.
Mes racines ont poussé, poussé, poussé.
Je suis allée jouer, jouer, jouer.
Avec les racines des copains, copains, copains.
Et je me suis vu pris, pris, pris.
Par tous mes amis, amis, amis.
Nous avons dû partager le soleil, soleil soleil,
Et partager l'eau, l'eau, l'eau.
Mais pour rien au monde, monde, monde
Je ne voudrais être séparé, coupé, arraché...
Car ma sève à moi, moi, moi
Coule dans celles de mes amis, amis, amis...
Et c'est pour la vie, vie, vie !
____________________________
Diane V. Garneau - 28/04/07

Photo : Marcel Gagnon, artiste peintre

 

28.04.2007

Adieu !

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Adieu mauvais temps
Adieu froidure
Adieu arbres nus
Adieu herbes mortes
Adieu lacs glacés
Adieu pêche blanche
Adieu tempêtes de neige
Adieu motoneige
Adieu chemins glissants
Adieu ski de fond
Adieu traîneau
Adieu boules de neige
Adieu verglas
Adieu hibernation
Adieu dormance
Adieu !

Bienvenue printemps !

Diane V. Garneau - 28/04/07

Photo : Marcel Gagnon, artiste peintre

26.04.2007

Promenade printanière

Galarneau est à peine au rendez-vous.
Un vent frisquet bourdonne à mes oreilles
Et ébouriffe mes longs cheveux blonds…

La végétation nouvelle s’est déjà pointée le nez
Sous l’herbe vieillit qui sommeille
Le temps de devenir engrais pour la jeunesse…

Le bord de l’eau est humide…
La glace craque.
Elle gondole et dessine de magnifiques dentelles blanches…

medium_50a.JPGPlus loin,
Un pluvier kildir attire mon attention
De son cri strident…

Au dessus de ma tête
Vole en amoureux
Un couple de canards magnifiques…

Les arbres sont aussi nus que des bébés…
Seuls les fruits de la saison passée
S’accrochent aux branches…

Tout semble suspendu dans le temps.
Les pissenlits se font attendre…
La chaleur aussi…

J’hume cette froide humidité
Je profite du spectacle qui se présente à moi
Car dans si peu de temps… l’été sera déjà là !

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 Diane Veilleux Garneau - 26/04/07

21.03.2007

Souvenirs d'enfance

Pour Tisseuse, voici un texte que j'ai écrit le 14 août 2004, relativement à mes souvenirs d'enfance à moi, alors que je suis aussi dans les champs et les bois... 

Tu pourras même y voir une magnifique image que notre Peintre Charmant m'avait offerte pour ce texte.

LA MAISON DE CHARDONS

Texte original de Diane Veilleux Garneau - 14 août 2004

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Haute de même pas 3 pommes,
La fillette au tempérament solitaire
S'invente des mondes irréels
Où les amis tout aussi irréels
Répondent à ses moindres désirs.
Où la vie est d'une simplicité sans ombrage
Sans cri, sans pleur, rien qu'en mirage…

Elle jouait du piano sur une vieille roche
Qui ressemblait par la forme à un clavicorde, le clavier en moins.
Elle s'assoyait devant, doigts tendus…
Clic ! Clac ! Clic! Cloc ! Tic ! Tic ! Bing ! Bang !
N'importe quel mouvement de ses doigts menus
Faisait naître en elle une musique imaginaire
Qu'elle se fredonnait ensuite des après-midi durant.

Elle se rendait à cette chimérique salle de musique
Installé à l'extérieur sous les bouleaux
En passant par un court chemin de gravier.
Une minuscule dénivellation du terrain
Lui laissait croire qu'elle descendait au fond d'un ravin
Loin de toute civilisation.
Elle se croyait seule pendant tout ce temps.
Seule au monde.
Reine de tout, reine de rien…

Pour la suite, cliquez ici :  http://garneau-veilleux.ca/mesecrits/la_maison_de_chardon...

 

11.03.2007

Éparpillée comme les graines d'une fleur au vent...

© Texte original de Diane Veilleux Garneau - 25 mai 1998

Un jour est venu où j'ai pris conscience
Que je pouvais accomplir quelque chose pour les autres...

Ce "quelque chose" pouvait s’accomplir, oui, mais…
Pas là...
Pas maintenant...
Juste plus tard...
Au moment où je ne m'y attendrai pas...

Un "petit rien" qui ne changera pas grand-chose à ma vie...
À ma vie qui aurait cessé.
Un "rien du tout" qui, pourtant, pourrait enjoliver la vie
De plusieurs autres personnes...

Ce "rien" me dérangeait beaucoup.
Il venait brasser ma conscience...
Je me suis donc arrêtée sur ce "rien".
J'y ai longuement réfléchi...
Et je me suis dit... "Pourquoi pas?
"Pourquoi pas moi après tout?
"De quoi ai-je donc si peur?"

En fait, je le sais...
Cela ferait en sorte que ma "précieuse personne",
Aujourd'hui si entière,
Sera peut-être, tout d'un coup,
Éparpillée comme les graines d'une fleur au vent...

Les graines d'une fleur au vent... Tiens!
Quelle romantique image pour un geste si exceptionnel!
Quelle merveilleuse idée après tout...

Au lieu d'aller tout bonnement " manger les pissenlits par la racine ",
Je m'envolerais à gauche et à droite pour mieux revivre en quelqu'un d'autre...
Je me reproduirais sans grand effort de ma part...
Je revivrais de nombreuses années par l'entremise d'autres personnes
Qui me porteraient à jamais dans leur coeur.

Je redonnerais, non seulement le goût de vivre,
mais la vie aux uns...
Je permettrais aux autres de la voir cette vie...
Je recouvrirais de mon "blanc manteau" le corps rendu fragile d'un grand brûlé...
Ma charpente aiderait quelques tout petits enfants à reconstruire la leur...

Pourquoi pas après tout?
Cela changerait quoi pour moi?
Sinon, de me rendre ma propre disparition
Moins pénible, moins inutile à mes yeux.…
Sinon, de me permettre de croire
Que j'aurais laissé quelque chose d'extraordinaire ici bas…

Les uns laissent des chansons qui nous marquent à jamais...
D’autres nous imprègnent pour la vie par une action spectaculaire...
Pour le don d'organes, qu’en est-il ?
Mon geste ne rejaillirait que sur quelques personnes…

Non! Pas seulement sur quelques personnes...
Puisque autour d'elles viennent se greffer
Leurs familles, leurs amis et amies.
Viennent également se greffer les enfants à naître
Comme pour cette jeune fille qui a donné la vie
Malgré une double greffe coeur-poumon...

Mon petit geste n'en serait plus un finalement...
Il m'apparaît maintenant comme un geste grandiose…
Si grandiose que j'ai demandé aux autres membres de ma famille
S'ils voulaient également se "ressemer au gré du vent"
Advenant le fameux saut final...

Tous ont dit : "Oui"...
Et tous ont signé leur carte de don d'organes...

Je dormirai mieux...
Je n'aurai pas à prendre la décision pour mes enfants ou mon époux...
Ils ont choisi par eux-mêmes...

Et je le respecterai ce choix... malgré ma souffrance
Advenant que Dieu me place devant ce fait accompli...
Car je saurai qu'il ne sera pas vain...
Que ce sera la plus importante et la plus merveilleuse décision
Que celui ou celle qui m'aura quittée aura prise...